A l’Église du Pasquart de Bienne, chaque quatrième dimanche du mois, le culte prend une dimension supplémentaire pour toucher les familles. Il devient alors un « Culte 4D » pour faire place à l’expression de la créativité liturgique.

Spontanéité et jeu de scène

La lecture biblique du jour est contée par une narratrice ou un narrateur. Pour sa prédication, le ministre se passe autant que possible de notes et les chants sont portés par une équipe de musiciens et une petite chorale adhoc. Élaborée depuis trente ans, la recette consiste à rechercher constamment vitalité et dynamisme. Le brassage des générations vient confirmer que le pari de la diversité est gagné. Même les ados s’y retrouvent se réjouit le pasteur Pierre-André Kuchen : « Tout à coup certains catéchumènes ouvrent de grands yeux, découvrent une histoire et se disent : Ah ! On peut l’entendre comme ça ! ».

Une élaboration collective

Le choix du thème et son traitement procèdent d’un étroit dialogue entre le narrateur et le ministre du jour. L’objectif du prédicateur n’est pas tant de décortiquer le texte biblique que d’entrer en résonnance avec une narration qui actualise la péricope. Libéré en grande partie de l’exégèse traditionnelle et détaché de son lutrin, le pasteur interagit avec les paroissiens utilisant un langage direct et spontané. De leur côté, les musiciens et la chorale puisent autant que possible dans un répertoire contemporain et proposent même leurs propres compositions. Ils s’inspirent aussi du répertoire de François Golay, animateur, qui n’est autre que l’un des initiateurs de ces cultes. Simplifiée, la liturgie reste proche des classiques pour se décliner en cinq parties ainsi nommées : un temps d’accueil, un temps pour soi, un temps pour Dieu, un temps pour les autres et un temps pour partir. Pour faciliter les repères, les ministres de la paroisse de Bienne ont adopté la même structure dans les cultes pour les catéchumènes.

En période de Covid19

Devant l’impossibilité de se réunir et malgré la réduction de l’équipe, plusieurs cultes 4D ont été portés à l’écran. Une version écrite était également disponible sur le site internet. Quelques ajustements ont été nécessaires pour préserver les distances et officier dans un temple vide. Thierry Dominicé raconte : « J’ai eu envie que ça reste le plus spontané possible. J’avais préparé une série de notes que j’ai abandonnées avant le culte. Et puis il n’y a eu qu’une seule prise. Je ne me suis pas pris pour un acteur de cinéma. Je suis resté un pasteur stagiaire. » Pour le culte du 22 mars, le choix du thème en lien avec une exposition de peinture installée dans l’église a été préservé.

Malgré les frustrations engendrées par la médiation de l’écran, le succès rencontré par le visionnement des vidéos a dépassé les espérances. L’une des célébrations a enregistré plus de 600 vues alors que le culte dominical rassemble environ 80 personnes.

Après la crise

Thierry Dominicé estime que, même nécessaire durant le semi-confinement, la transmission vidéo des cultes 4D devrait disparaître avec la réouverture du temple. A son appui, il relève l’ampleur du travail de préparation et le côté circonstancié de cette mise en place. Le pasteur Pierre-André Kuchen tire pour sa part un bilan prospectif : « Si nous sommes amenés à revivre une situation analogue, j’aimerais approfondir la question du lien et de l’échange entre paroissiens. Cela ne me rebute pas : la remise en question est le propre des réformés. » En guise de conclusion, il n’hésite pas à souligner que ces cultes doivent continuer à évoluer et trouver des dimensions nouvelles.